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Le site archéologique est désormais fermé jusqu'au printemps 2012.

 

 

1er-31 Juillet 2011 : Campagne de Fouille annuelle.

 

 

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  • Fouille

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Fouille 2009

Projet d'intervention archéologique en 2009


La campagne de fouille 2009 aura un double objectif :

1. Comprendre les axes de circulation anciens au sein du site entre les quatre monuments connus.

2. Appréhender le contexte environnemental naturel du site et ses modifications pendant toute la durée d'utilisation du sanctuaire.

 

1. Les axes de circulation

Les quatre bâtiments connus ont été dégagés en 1884 et portés sur un plan qui sert de base de travail aux recherches depuis 2001. L'organisation de ces édifices a été murement réfléchie lors de leur construction, en fonction sans doute, de la procession ou de la déambulation des pèlerins sur le site.  Il semble intéressant d'intervenir sur les espaces entre les édifices afin de répondre à plusieurs questions :

-De quel côté accédait-on au sanctuaire ? Bien que les façades dominantes des édifices se trouvent à l'est, le seul accès a pour le moment été mis au jour à l'ouest du fanum.

-Comment passait-on d'un édifice à l'autre ?

-Y'avait-il un itinéraire particulier à respecter correspondant à un rituel bien précis ?

-Comment parvenait-on jusqu'à l'escalier situé du côté est du bâtiment dénommé "tribunal" ?

-Existe-t-il une voie ou un passage principal depuis l'angle sud-est du fanum gallo-romain (où se trouvait un autre escalier), se dirigeant vers l'est, passant entre le bâtiment en hémicycle et l'édifice dénommé "tribunal", et desservant encore plus à l'est le théâtre (pour pénétrer dans les vomitoires ou dans l'arène par la parodos septentrionale ?

-De la même façon un autre axe totalement inconnu à l'heure actuelle se développe-t-il au sud du théâtre ?

Dans les sondages réalisés en janvier 2001 sur le site, des lambeaux de niveaux de circulation matérialisés par des lits de pierres mêlées d'arène et intégrant quelques fragments de tuiles ont pu constituer à l'origine une voie orientée nord-sud séparant le fanum du "tribunal". Cet accès pouvait peut-être aboutir au nord du pavillon central du bâtiment semi-circulaire où une porte primitive a été identifiée en 2003. 

Des éléments de réponses seront recherchés par la réalisation de 3 sondages.


Sondage 1

Superficie : 300 m²

Localisation : entre le fanum et le bâtiment dénommé "tribunal"

Le premier sondage, d'une superficie de 300 m² (30 m sur 10 m) sera creusé entre le fanum et le bâtiment dénommé "tribunal" et fera la jonction stratigraphique entre les deux bâtiments. Il devra permettre de vérifier l'existence d'un axe nord-sud dans cette zone et de tenter de percevoir sa liaison avec l'escalier oriental du fanum. L'arasement important de ce dernier laisse à penser que, dans cette zone, les niveaux archéologiques auront peut-être totalement disparu. Ils devraient cependant être mieux préservés à l'est, près du "tribunal". Une "trace" circulaire d'une dizaine de mètres de diamètre apparaît sur les photos aériennes, immédiatement à l'ouest du "tribunal". Ce sondage permettra de définir la nature des vestiges éventuellement à l'origine de ce cercle. Il pourrait s'agir d'un fanum de plan circulaire. Cependant, s'il s'agit d'un nouveau bâtiment, il serait quasiment accolé à l'exèdre médiane du "tribunal" et il serait dés lors étonnant que les fouilles de 1884 ne l'aient pas découvert.

 

Sondage 2

Superficie : 200 m²

Localisation : à l'est du bâtiment dénommé "tribunal"

Le deuxième sondage d'une superficie de 200 m² (20 m sur 10 m) sera ouvert immédiatement à l'est du"tribunal". Il devra permettre de vérifier s'il existe également dans cette zone un axe nord-sud (ou est-ouest ?) et de savoir comment l'escalier oriental du "tribunal" se connectait à celui-ci. Cette tranchée pourrait également permettre de dégager de façon plus extensive les fosses liées à un possible atelier de forgeron entr'aperçu en janvier 2001. La coupe stratigraphique sera relevée sur les parois sud des sondages 1 et 2 et cumulée avec celle relevée en janvier 2001, en travers du tribunal et celle relevée en 2002, à l'ouest, en travers du fanum.


Sondage 3

Superficie : 200 m²

Localisation : au sud-est du fanum gallo-romain

Durant l'été 2001 des niveaux de circulation ont été aperçus à lest de l'escalier d'angle du fanum gallo-romain. Le sondage 3, d'une superficie de 200 m² (20 m sur 10 m) devra déterminer si un axe est-ouest longeait au sud le fanum (pour se prolonger à l'est entre le "tribunal" et le bâtiment en hémicycle). Il pourrait également mettre en évidence le carrefour de deux axes orientés respectivement nord-sud et est-ouest. Le niveau empierré qui cerne la palissage du sanctuaire gaulois pourrait aussi être appréhendé dans ce sondage.


2. Analyses paléo-environnementales


Le deuxième objectif de cette intervention archéologique est de mieux cerner le contexte paléo­environnemental naturel et anthropique du sanctuaire gaulois et gallo-romain. Pour cela, une collaboration avec deux spécialistes du laboratoire Géolab (UMR 6042-CNRS) de Clermont-Ferrand est envisagée afin de réaliser des prélèvements palynologiques, anthracologiques et géomorphologiques complémentaires. Il s'agit de Yannick M. (palynologie) et de Christèle B. (géomorphologie, micromorphologie).

Il s'agira de mener deux voies de recherche complémentraires :

Multiplier les analyses paléoécologiques de séquences naturelles (tourbeuses), choisies de concert entre les paléoécologues et les archéologues, et ce, le plus proche possible du site. Après obtention d'un calage chronologique, ces études seront menées à très hautes résolutions temporelle et spatiale. L'objectif est d'obtenir des reconstitutions paléoenvironnementales les plus précises et détaillées possibles, particulièrement pour la période d'occupation du site .

Mener à bien une étude archéobotanique systématique du site lui-même. Ici, la coopération doit être étroite entre le palynologue et l'archéologue. L'étude du pollen et des microfossiles non polliniques (spores de champignons, restes fauniques et botaniques…) sur le site archéologique sont des instruments utiles pour approfondir la connaissance des relations bio­culturelles entre sociétés et nature au cours du temps et, plus concrètement, pour étudier les processus de symbolisation, de sacralisation et de mise en place des paysages culturels.

 

Ces analyses devront compléter celles déjà réalisées par Corinne T. en 2003 et Yannick M. en 2008 qui ont permis de sérieuses avancées. Le ciblage de la campagne 2009 de prélèvements archéopalynologiques n'en sera que plus précis. "A ce jour, nous ne disposons que peu de sites naturels réellement exploitables pour restituer l'environnement du site de Tintignac à la fin de la Protohistoire / début de la période gallo-romain" (Yannick M.).

C'est dans ce cadre que des investigations seront effectuées auprès de la source située à proximité des vestiges, au sud-est du théâtre. Le terrain humide lié à cette source paraît plus favorable à la conservation de matières organiques datables associées à des pollens.


La source dite la font de las arenas

La "fontaine" des Arènes est souvent mentionnée dans les textes, mais jamais décrite. J. Plantandis écrit : "dans son étude sur Le culte des fontaines en Limousin, Gaston Vuillier nous dit que la Font de las Arenas "passe pour être douée de vertus curatives auxquelles ont recours les villageois des environs. Cette source a sa physionomie à part, archéologique, historique et laïque. L'origine du culte secret dont elle est l'objet remonte sans doute au delà du christianisme ; elle est restée indépendante de la religion ; elle n'a pas été sanctifiée, ostensiblement tout au moins" (…). Située en contre-bas du champ dit des Arènes, du côté de Naves, à la lisière d'un pré en pente, elle se présente sous la forme d'un bassin qui sert à irriguer les prairies, à cinquante mètres de la route nationale et au bord d'un petit chemin mettant en communication celle-ci, près du puy de Tintignac, avec le village de la Geneste. Elle peut avoir un débit de cinquante mètres cubes environ à l'heure et donne naissance au ruisseau de la Vigne qui, en aval, un peu plus loin, se joint au filet d'eau de Bach pour former la Solane". Dans un autre article, en 1916, le débit se réduit considérablement, à 50 litres par heure environ. Aucun sondage ou prospection ne permet pour le moment de vérifier cette hypothèse de source sacrée. Son aménagement n'a pas été clairement reconnu. En revanche, un peu de mobilier proviendrait de cette zone, dont des rouelles en plomb. L'aménagement actuel de la source sera donc libéré des fougères et ronciers afin d'en dresser un relevé et de faire des clichés. Son mode de construction sera finement observé.

Deux sondages sont prévus à proximité de la source, l'un au nord-ouest, l'autre au sud-est.


Sondage 4

Superficie : 50 m²

Localisation : au sud-est du théâtre et au nord-ouest de la source

Le sondage 4, de 10 m sur 5 m, devra vérifier l'existence d'un axe de circulation au-dessus de la source à l'est pouvant longer plus à l'ouest le théâtre et le bâtiment semi-circulaire. Il devra permettre la recherche d'éventuels aménagement liés à la source (canalisations, constructions). Des prélèvements seront faits afin de pousser les analyses paléo-environnementales menées jusqu'alors.


Sondage 5

Superficie : 50 m2

Localisation : au sud-est de la source

Le sondage 5, long de 10 m et large de 5 m, sera creusé au sud-est de la source. Il devrait permettre, comme le sondage 4 de percevoir l'existence d'un accès au sanctuaire dans cette zone, comme cela est soupçonné. J. Plantadis parle d'un petit chemin qui la met en communication celle-ci avec le village de la Geneste. Ce chemin inutilisé depuis bien longtemps, apparaît encore sur la carte IGN à 1/25.000. Orienté nord-sud, il bifurque brusquement vers l'est pour rejoindre un délaissé sur la RN 120. Le diagnostic archéologique mené en 1999 et 2000 sur le tracé de l'A89, a permis de découvrir en dessous les vestiges d'un itinéraire gallo-romain, peut-être précédé lui-même d'aménagements antérieurs. Au­delà de la source, il pouvait, à l'origine, se poursuivre vers le nord pour rejoindre le sanctuaire, soit par l'ouest, en longeant le théâtre au sud, soit par le nord en le longeant à l'est. La réalisation de ce sondage pourrait mettre en évidence des aménagements liés à la source, tels que des réseaux de trop-plein, des bassins, des conduites. La présence de thermes a en outre été supposée à proximité…


Enfin, on peut supposer que le terrain en contre-bas de la source est resté suffisamment humide pour conserver des pollens, graines et matières organiques utiles aux recherches paléo-environnementales de Yannick M. L'intervention de Christèle B., et l'analyse géomorphologique du sédiment apporteront des renseignements essentiels quant au mode de dépôt des couches de sédiments.


La réalisation de cinq sondages mécaniques est donc préconisée, correspondant à une superficie totale de 800 m².  Après relevés en plan et en stratigraphie des niveaux et des structures archéologiques, photographies, prélèvements, ces sondages seront rebouchés en fin d'intervention. Ils seront creusés à l'aide d'un tractopelle (mis gracieusement à disposition par la Mairie de Naves) doté d'un godet lisse, jusqu'aux premiers niveaux archéologiques. Cette campagne de fouille 2009 sera menée à bien avec l'aide d'une douzaine de bénévoles pendant 4 semaines.


Cette surface et ces délais d'intervention paraissent raisonnables si l'on se réfère aux opérations menées sur le site de Tintignac depuis 2001 :

Eté 2001 : 1,5 mois : 1500 m² (moitié sud du fanum) : fouille incomplète, niveaux arasés

Eté 2002 : 3 mois : 1500 m² (moitié nord du fanum) : fouille incomplète

Eté 2003 : 3 mois : 1200 m² (bâtiment en hémicycle) + complément de fouille du fanum gallo-romain et du sanctuaire gaulois.

Eté 2004 2 mois (dont 1 pour le seul dépôt) : 600 m² (niveaux protohistoriques dans la cour du fanum et dépôt)

Eté 2005 : 1 mois (niveaux protohistoriques dans la cour du fanum) : 300 m²

D'après l'expertise de janvier 2001, la stratigraphie au sein des sondages 1 à 3, devrait être plutôt limitée du fait de l'arasement important du site dans ces zones. Néanmoins, le nombre de sondages pourrait être réduit si la densité des vestiges mis au jour se révélait au final sous-estimée.

Un Comité de Pilotage rassemblant les différents partenaires scientifiques, politiques et financiers conçoit actuellement un important projet de valorisation du site de Tintignac. Les nouvelles recherches archéologiques devront aider à choisir les itinéraires les plus judicieux pour accéder au site archéologique. Le public pourra ainsi circuler dans le sanctuaire gallo-romain comme le faisaient les pèlerins de l'Antiquité.


Christophe M., 18 avril 2008


 

 
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